Le Circuit ordinaire

De Jean-Claude Carrière

Dossier de présentation : Cliquez ici

 

Avec Alexandre Metratone et Joseph Verfaillie

Mise en scène : Alexandre Metratone

 

Un commissaire du gouvernement, chargé de la sécurité intérieure, fait subir un interrogatoire à un dénonciateur (simple citoyen scrupuleux et dévoué au Parti ?). On comprendra peu à peu que, depuis le début, la conversation était piégée… mais de quel côté ?

Ici la progression de l’action est fondée sur un suspense constant. La situation évolue dans une dynamique de polar et, face à la démesure troublante d’un dialogue sans concessions, un humour paradoxal s’impose parfois à nous – comme une réaction nécessaire au maintien de nos valeurs morales ?

La pièce nous entraîne ainsi, de l’intérieur, dans la logique impitoyable et finalement absurde de l’activité « ordinaire » d’un régime totalitaire, jusqu’à l’extraordinaire retournement d’un processus prisonnier de ses propres mécanismes…

Dans une telle société les mots, les actes, les opinions sont-ils tous a priori suspects ? Sont-ils tous susceptibles de se tranformer en pièges ? La frontière entre le vrai et le faux, le bon sens et l’aberration, existe-t-elle encore ? Les apparences ont-elles triomphé de la vérité ?

Le pouvoir et l’autorité sont-ils du côté de la soumission ?

 

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Extraits

 

« RAPPORTEUR. Depuis quinze ans, ça marche de la même manière. Dans le circuit ordinaire, en tout cas. Je signale tout ce que j’estime dangereux, ou simplement défavorable, ou suspect. Dès qu’une attitude, un geste, dès qu’une parole me semble aller contre l’intérêt général, je le signale. Je fais comme ça depuis quinze ans. Tout ce que j’ai rapporté n’était pas forcément très grave. Parfois même j’ai pu me tromper, je le sais bien, mais on m’a toujours dit : ce n’est pas à toi de formuler le jugement définitif. Tu rapportes les faits, du mieux que tu peux, et c’est nous, ici, qui décidons. »

 

« RAPPORTEUR. Avez-vous déjà dénoncé quelqu’un ?

COMMISSAIRE. Cela m’est arrivé, au début. Mais je l’ai fait deux ou trois fois à peine. Pour des cas flagrants. Ensuite, j’ai arrêté.

RAPPORTEUR. Si vous vous rapportez à ces débuts, ne vous souvenez-vous pas d’avoir éprouvé un très vif plaisir ?

COMMISSAIRE. En dénonçant ?

RAPPORTEUR. Oui.

COMMISSAIRE. Franchement, non. Je ne m’en souviens pas.

RAPPORTEUR. Ah, c’est dommage. Vous auriez dû persévérer. Vous êtes passé à côté d’un des plaisirs les plus denses, les plus subtils, que notre époque puisse nous offrir. Car d’un côté vous vous situez dans le droit chemin, votre conscience est éclairée, et de l’autre côté, avec un simple stylo, vous décidez du sort d’un tel ou un tel, vous entrez chez lui, vous êtes soudain l’homme invisible, vous observez le moindre de ses gestes et c’est à vous de décider : dois-je rapporter ce que je viens de voir, ou non ? Son sort est entre vos mains sans qu’il le sache. Il est parfois votre collègue de bureau, ou même votre ami, ou votre frère. Ou votre chef. Et vous avez plein pouvoir sur sa personne. C’est un délice, monsieur le commissaire. Le monde s’ouvre à vous comme une fleur secrète. »

Evénéments à venir

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